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Visite de l'usine d'Airbus, Saint-Nazaire
En provenance de la piste et à destination de Polaris le nez de l’A380 nous passe devant les yeux, un décollage immédiat dans l’univers Airbus.
Un peu d’histoire à l’Aérothèque…
En 1922, suite à une baisse de l’activité Navale, la région Nazairienne décida de convertir une partie de son industrie dans l’activité aéronautique. C’est la naissance de sud aviation qui deviendra l’actuelle usine Airbus.
Nous commençons notre visite par un retour dans le temps qui nous permet de voir l’évolution des aéronefs. L’usine débuta son activité par l’élaboration du premier hydravion 1922 : Le Loire. A suivi la construction du Vautour, de la Caravelle jusqu’à la participation en 1966 au projet franco britannique révolutionnaire : Le Concorde. Le premier Airbus A300 naitra vers 1970. Cette SAS (société anonyme simplifiée) fait partie du groupe aéronautique et spatial EADS et travaille en étroite collaboration avec l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni, dont la plus belle illustration est la construction du plus gros charter jamais réalisé à ce jour, l’A380. La flotte Airbus se divise en 6 catégories :
- Catégorie des A320, comprenant les A320...A318. Ventes : 1,9/jour. Caractéristiques : Diamètre fuselage 4 mètres, 1 couloir, entre 105 et 185 passagers.
- Catégorie des A340, comprenant les A330...A340. Caractéristiques : Diamètre fuselage 6 mètres, 2 couloirs, entre 250 et 385 passagers, moyens et long courriers, biréacteurs et quadriréacteurs.
- A350 XWB, prévu pour 2013. Caractéristiques : Diamètre fuselage 6 mètres, 2 couloirs, 60% composite.
- A380. Caractéristiques : Diamètre fuselage 8 mètres, double ponts, 800 passagers, quadriréacteur.
- A400M, transporteur militaire.
- Airbus Coorporate jet-Liner, avions d'affaires.
Ainsi afin d’optimiser la construction, chacune des parties d’un aéronef est conçue en étroite collaboration avec les 4 pays membres du groupe depuis 1977. La répartition des taches se fait en fonction du domaine d’excellence du pays.
En France plusieurs pôles d’activités participent à la construction des aéronefs. Le principal pôle est à Toulouse où l’on s’occupe de l’assemblage des différentes parties et de la fabrication de certains composites. A Méaulte on fabrique le nez des aéronefs et un deuxième morceau du fuselage. Enfin un troisième pôle d’excellence se trouve à Saint-Nazaire, où sont assemblés le nez, l’avant du fuselage (en provenance d’Allemagne), et le tronçon central. Ce dernier, ainsi que divers pièces structurales en matériaux composites sont produites dans la région nantaise.
D’un point de vu logistique, les pièces sont déplacées à l’aide de deux Beluga et de bateaux conçus spécialement pour le transport des différentes parties. Ces derniers récupèrent chacune des pièces et les déposent à Bordeaux où un relais sur les routes de l’aquitaine est organisé jusqu’à Toulouse.
Assemblage, peinture, test : Un trajet type à Saint-Nazaire…
Apres cette présentation générale du fonctionnement de l’entreprise Airbus, nous nous sommes dirigés vers les hangars de l’usine pour découvrir les secrets de construction de ces merveilleux oiseaux qui nous font rêver un peu plus chaque jour. Une première immersion dans le pôle d’assemblage : Polaris1. Armés de nos yeux de futurs ingénieurs, nous découvrons ces oiseaux pendant la phase d’assemblage, à la surprise générale la totalité du montage est fait à la main. Une question s’est donc posée ; pourquoi ne pas utiliser des automates qui feraient les mêmes tâches plus rapidement ? La réponse de la guide fut sans appel « l’homme est plus précis que l’automate ». Cependant pour vérifier le travail de chaque compagnon un système de traçabilité a été mis en place ; chaque rivet posé, chaque boulon serré est minutieusement annoté. L’assemblage des parties des A300 est un travail rigoureux, organisé, qui demande de la concentration pour un produit fini de très haute qualité. Dans la chaîne d’assemblage de l’A320 par exemple, deux équipes de 25 personnes se relaient. Il faut 4 jours pour assembler un tel appareil.
Maintenant, comme un avion assemblé, nous nous dirigeons vers le hangar peinture dans lequel les aéronefs sont peints et signé du logo de la compagnie qui les a commandés. Déjà conquis par la chaîne de montage : « Le fait de pouvoir approcher les avions durant leur assemblage et la mise en place de leur équipements vitaux était instructif et appréciable. » Nous évitons d’entrer dans ce hall afin d’éviter d’être complètement tatoué du logo Airbus.
Apres ce passage à l’extérieur du hangar peinture, qui donne l’aspect fini de l’appareil, nous nous dirigeons vers Comète. Ce secteur est le pôle test, capital avant d’acheminer les pièces assemblées vers Toulouse. On y test les circuits vitaux ; circuits électrique et pneumatique. Ici pas de câbles entremêlés, pas d’huile, pas de tâches, mais un hangar très propre, sans nuisances sonores, un des labels d’Airbus est la fabrication main de ses avions mais aussi sa norme en terme de propreté. Ainsi dans ce cimetière de nez d’A320, A318, A330 et A340 se distingue une partie isolée où repose L’A380. C’est par la découverte de ce magnifique paquebot des airs que nous achevons notre visite. Après avoir monté les deux étages, comparable à ceux d’un immeuble de dix mètres de haut, nous nous rendons compte à quel point il est immense. L’une des remarques faite par un membre du groupe est la suivante : « J'ai été, comme tout le monde je crois, surpris par la taille et la hauteur du fuselage de l'A380 par rapport aux fuselages d'A320. Et même si cela était déjà bien visible lors de la présentation des maquettes, la comparaison côte à côte reste impressionnante !!! » Au deuxième niveau, des bureaux sont installés afin de faciliter le travail des ingénieurs test.
Pour certain cette visite fut l’occasion « d’un peu mieux appréhender les implications d'un programme aéronautique majeur tel que celui de l'A380 :
- Nécessitée d'une logistique fiable et bien pensée (béluga pour les A3XX, ferry et convois exceptionnels pour l'A380).
- Cadence de production élevée, particulièrement en ce qui concerne la phase d'assemblage (4 jours !!!).
- Mise en place d'un contrôle de qualité sur le lieu même de la production (pas de contrôle ultérieur, chaque équipe est responsable de son travail).»
Ainsi nous achevons notre visite en emportant avec nous de belles images comme celle de l’A380 mais aussi de nombreuses connaissances sur la société AIRBUS. Tournée vers l’avenir, l’objectif de cette société est la conception d’aéronefs à la pointe de la technologie tout en préservant l’environnement, tel le futur A350 XWB, qui sera également assemblé à Saint-Nazaire.
Date de dernière modification : 28 février 2010
AAAF Jeunes Poitiers